Prix Le Point du polar européen 2014

Publié le par Françoise BACHELET

Prix Le Point du polar européen 2014

Le prix du polar européen 2014 récompense le meilleur roman policier (thriller, roman noir) d’auteur français et européen paru entre le 24 mars 2013 et le 4 avril 2014.C’est la douzième édition de ce prix créé par Le Point en 2003.

Après Laura Grimaldi, Bill James, Laura Wilson, Giancarlo de Cataldo, John Harvey, Arnaldur Indridason, Philip Kerr, Pierre Lemaitre, Declan Hughes, Victor del Arbol et Petros Markaris, c’est Hervé Le Corre qui cette année, en est le lauréat avec son roman " Après la guerre" .

Le jury était composé cette année de Jean –Louis Debré, Président du Conseil Constitutionnel, écrivain, doublement président pour l’occasion, de Jean-Louis Pietri, écrivain, ancien commandant à la Police judiciaire ; Joël Bouvier, Quais du Polar ; Jean Contrucci, journaliste et écrivain; Jacques Dupont, Le Point ; Irène Frain, écrivain ; René Frégni, écrivain ; Julie Malaure, Le Point, Marie-Françoise Leclère, Le Point et Christophe Ono-dit-Biot,Le Point.

Description de l'éditeur :

Bordeaux dans les années cinquante. Une ville qui porte encore les stigmates de la Seconde Guerre mondiale et où rôde la silhouette effrayante du commissaire Darlac, un flic pourri qui a fait son beurre pendant l'Occupation et n'a pas hésité à collaborer avec les nazis. Pourtant, déjà, un nouveau conflit qui ne dit pas son nom a commencé ; de jeunes appelés partent pour l'Algérie. Daniel sait que c'est le sort qui l'attend. Il a perdu ses parents dans les camps et, recueilli par un couple, il devient apprenti mécanicien. Un jour, un inconnu vient faire réparer sa moto au garage où il travaille. L'homme n'est pas à Bordeaux par hasard. Sa présence va déclencher une onde de choc mortelle dans toute la ville, tandis qu'en Algérie d'autres crimes sont commis...

Hervé Le Corre frappe fort avec ce roman à la construction magistrale. Révélé au public par L'Homme aux lèvres de saphir (Prix Mystère de la critique), il remporte tous les suffrages avec Les Coeurs déchiquetés (Prix Mystère et Grand Prix de Littérature policière). Il vit dans la région de Bordeaux où il enseigne.

Ce qu’en pense La Librairie Générale à Arcachon :

Après la guerre se présente sous la forme d'une chronique bordelaise située à la fin des années cinquante dans l'univers des malfrats, des tueurs à la petite semaine, des policiers véreux et des filles faciles. Un milieu interlope dans un Bordeaux crasseux et vibrant encore aux sons des sirènes des bateaux accostés aux quais enfermés par les grilles et les hangars. Un Bordeaux aux odeurs nauséabondes et aux rendez-vous nocturnes qui tournent toujours mal.

Hervé Le Corre y déploie une vaste connaissance des mœurs en matière de drogue, de prostitution et de crime crapuleux. De nombreux détails répondent à l'atmosphère particulière de l'époque et le vocabulaire qu'il emploie restitue à merveille tout ce que l'on pouvait voir, sentir et entendre, des paquets de cigarettes aux nouveaux films américains, des chansons populaires aux voitures du moment avec une distribution de personnages, hommes et femmes, qui peaufinent et réactivent cette période particulière dite après-guerre.

Au sortir de ces portraits plus vrais que nature, travaillés par des dialogues qui claquent dans la noirceur de ce Bordeaux reconstitué, le commissaire Albert Darlac concentre à lui-seul l'amertume d'une société française qui, certes, s'est remise au travail mais qui n'en demeure pas moins hantée par les fantômes de la deuxième guerre mondiale. Ainsi resurgit Jean Delbos, que tout le monde croyait mort après avoir été raflé en 1943 avec sa femme Olga. Jean Delbos, alias André Vaillant, apparaît aux yeux de Daniel sans pour autant être reconnu par celui-ci qui, tout en étant son propre fils, ne l'a pas revu depuis 15 ans. Mais Jean Delbos n'est pas vraiment revenu pour son fils, il est entièrement tourné vers sa vengeance qui le guide au plus près du commissaire Darlac.

Et son fils Daniel s'apprête à embarquer pour l'Algérie pour y effectuer son service militaire et participer à ce que l'armée française a entrepris là-bas.

En alternance, Darlac, Jean Delbos et Daniel voit s'effeuiller un à un leurs secrets. Hervé Le Corre a ce don pour fourrager ses personnages tantôt à la façon cruelle d'un interrogatoire, tantôt en instaurant un immense désarroi psychologique. L'une et l'autre méthode révèlent une vérité crue, sans échappatoire, d'où filtre l'intimité de chacun.

Jamais jusqu'ici Bordeaux n'avait ainsi sonné aux oreilles, jamais sa quintessence populaire n'avait été portée si haut et jamais enfin une écriture ne s'était révélée aussi bordelaise. Le voyage géographique et mental d'Après la guerre est donc absolu.

Publié dans L'info du jour

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