Le Grand Prix du Roman de l’Académie Française 2014, décerné à Adrien Bosc pour " Constellation"

Publié le par AFP/Françoise BACHELET

Le Grand Prix du Roman de l’Académie Française 2014, décerné à Adrien Bosc pour " Constellation"

Adrien Bosc, jeune auteur de 28 ans, a été couronné jeudi par le Grand prix du roman de l'Académie française pour son premier roman "Constellation", une captivante enquête sur le crash légendaire où périt Marcel Cerdan, et une réflexion sur le destin.

L'auteur de "Constellation" (Stock) a été choisi par les Immortels au troisième tour, par dix voix contre sept voix à un autre premier roman, "Karpathia" de Mathias Menegoz (P.O.L) et une voix à "Voyageur malgré lui" de Minh Tran Huy (Flammarion).

"C'est le plus beau jour de ma vie", a dit Adrien Bosc à l'AFP, visiblement ému. "Je suis honoré, plus que ravi, c'est magnifique et inattendu", a-t-il ajouté. "Constellation est un livre très important pour moi, je l'ai écrit sous l'aile de Blaise Cendrars", a souligné le lauréat, rendant hommage à l'écrivain français d'origine suisse (1887-1961) qui a été pour lui une source d'inspiration.

Très remarqué, ce roman fascinant publié chez Stock explore l'enchaînement des infimes causalités qui ont précipité un avion d'Air France, un Constellation, sur le mont Redondo, aux Açores, dans la nuit du 27 au 28 octobre 1949.

Parmi les 48 victimes, le boxeur Marcel Cerdan, amant d'Edith Piaf, et la violoniste prodige Ginette Neveu. Un crash de légende. A l'époque, la presse ne parle que des deux stars.

"Ce roman questionne le hasard, les coïncidences, la synchronicité des dates et des chiffres. C'est mon obsession", expliquait à l'AFP avant d'être choisi par l'Académie, Adrien Bosc, mince jeune homme au regard bleu. "J'ai relié ces destins comme autant d'étoiles d'une constellation", ajoutait l'auteur, né à Avignon en 1986. Il est le fondateur et directeur des revues Feuilleton et Desports.

En 1949, l'avion est un luxe. Mais aux côtés de Marcel Cerdan, pressé par Piaf de la rejoindre à New York par les airs, de Ginette Neveu et de son frère pianiste, ou du génial créateur des produits dérivés Disney, il y a aussi cinq bergers basques engagés dans des ranchs du Far West, ou encore une modeste bobineuse de Mulhouse devenue héritière d'une usine de bas nylon à Detroit. "La part des anonymes m'intéresse beaucoup", dit le romancier.

En détective, mêlant faits et poésie, distance et empathie, Adrien Bosc exhume ces destins oubliés en relevant, pour chacun, la somme de hasards qui les a fait embarquer sur ce vol. Il y a aussi ces jeunes mariés américains sauvés, parce qu'ils ont dû céder leurs places à Cerdan.

Chacun des passagers aurait pu faire l'objet d'un roman. Les chapitres consacrés à l'une ou l'autre des victimes alternent avec des pages sur les péripéties du vol, l'enquête sur les circonstances du crash, la quête du Stradivarius de Ginette Neveu. Le suspense est maintenu par la grâce du récit, même si, comme pour le Titanic, le lecteur connait la fin...

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