Prix Interallié 2014 (4/4)

Publié le par AFP/Françoise BACHELET

Prix Interallié 2014 (4/4)

Le prix Interallié a été attribué, jeudi 20 novembre à Mathias Menegoz, quadragénaire à l'allure juvénile, pour son premier roman "Karpathia" (éditions P.O.L), une ensorcelante fresque historique qui se déroule en Transylvanie au XIXe siècle sur fond de haines ancestrales.

"Je dédie ce prix à mon père, décédé", a déclaré très ému l'auteur de 46 ans, neurobiochimiste de formation, qui s'est dit "très surpris". Il a été choisi par le jury au 5e tour de scrutin par 6 voix, contre 4 à Simonetta Greggio pour "Les nouveaux monstres" (Stock).

Visiblement intimidé par les journalistes qui se pressaient autour de lui, Mathias Menegoz, a expliqué à l'AFP avoir tenté "d'écrire un roman d'aventures, avec de l'action et des rebondissements. Je n'ai pas compté le nombre de pages". Son ample roman en compte 700...

"Le XIXe siècle dans les Balkans, c'est une période exotique. J'ai voulu m'éloigner de la grande époque viennoise parce que de grands auteurs ont déjà écrit sur cette époque", a-t-il ajouté.

"Karpathia" est "un très beau roman, avec un sujet très original et le choix d'une période extrêmement romanesque", a renchéri la romancière Nelly Alard, lauréate 2013 de l'Interallié et jurée cette année. Comme le veut la tradition, elle sera remplacée l'an prochain par Mathias Menegoz. Pour un autre membre du jury, l'écrivain Jean-Marie Rouart, "la seule critique que l'on puisse faire à ce roman qu'on ne lâche pas jusqu'à la fin, c'est qu'il est archi-classique".

Dans "Karpathia", grand roman d'aventures à la Dumas, l'écrivain, né en 1968 en France d'un père normand et d'une mère souabe, emporte le lecteur en Transylvanie, dans les années 1830, une région où les différentes communautés rivales aux langues et religions multiples sont toujours au bord de l'embrasement.

Présentation de l’éditeur :

En 1833, à la suite d'un duel, le capitaine hongrois Alexander Korvanyi quitte brutalement l'armée impériale pour épouser une jeune autrichienne, Cara von Amprecht. Avec elle il rejoint, aux confins de l'Empire, les terres de ses ancêtres. La Transylvanie de 1833 est une mosaïque complexe, peuplée de Magyars, de Saxons et de Valaques. D'un village à l'autre, on parle hongrois, allemand ou roumain ; on pratique différentes religions, on est soumis à des juridictions différentes. Le régime féodal y est toujours en vigueur et les crimes anciens sont parés de vertus nouvelles. La région est une poudrière où fermentent les injustices, les vieilles haines, les trafics clandestins, les légendes malléables et les rêves nouveaux. À leur arrivée, Alexander et Cara sont immédiatement confrontés à une série de crises allant bien au-delà de la gestion d'un vaste domaine longtemps abandonné aux intendants. Avec leurs ambitions et leur caractère, ils atteindront les frontières incertaines de la puissance et du crime.

Issu d'une famille travaillant dans le cinéma, Mathias Menegoz a préféré recréer un univers par le verbe. Il a inventé des personnages et une histoire aux multiples ressorts dramatiques mais a bâti son roman sur de solides fondations historiques.

Publié dans L'info du jour

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