Le film de la semaine : LA CONFESSION

Publié le par Françoise BACHELET

Synopsis :

Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes... Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ?

Libre adaptation du roman de Béatrix Beck "Léon Morin, prêtre".

 

La Bande Annonce :

Ce qu’en pense Jacques Morice / Télérama :

Pas facile de venir après Léon Morin, prêtre (1961), beau film de Jean-Pierre Melville, avec Jean-Paul Belmondo en soutane et Emmanuelle Riva en "bouffeuse de curés" frémissante. Ni après le roman de Béatrix Beck, romancière très originale, oubliée à tort. Le réalisateur du Convoyeur et de Made in France s'en sort plutôt bien, pourtant, en accomplissant ce qu'il sait le mieux faire : du thriller sentimental. Là où Melville misait sur le décalage et une certaine perversion, Nicolas Boukhrief choisit le mélodrame nu, à suspense. (….)

Il y a d'abord le plaisir et l'énergie des échanges entre l'homme de foi inébranlable et la femme cultivée. Joutes verbales, nettes, catégoriques, mais respectueuses, où l'on sent, déjà, que les deux, au-delà de leur orgueil, s'encouragent mutuellement. Le rapprochement se traduit à l'image par le recours grandissant aux gros plans, ponctués de silences, à mesure que Barny doute, défaille. A mesure, aussi, que l'oppression grandissante de l'occupant, ses représailles terribles contre la Résistance, resserre l'étau...

Servi par une photo délicate, tendu, de plus en plus fiévreux, le film est un captivant face-à-face, au sens propre et figuré. Entre deux visages, l'un pâle, pur, magnifique de Marine Vacth ; l'autre, opaque, sombre, de Romain Duris. Il est clair, en revanche, qu'on se serait bien passé des moments montrant Barny, en fin de vie, confessant son secret à un jeune prêtre. Mais ce faux pas ne fait pas oublier l'intensité incantatoire du "duel" amoureux, les yeux dans les yeux. — Jacques Morice

Publié dans Films

Commenter cet article