Vendredi 3 février 2012
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Wisława Szymborska, poète polonais et prix Nobel en 1996, est morte dans son sommeil, entourée de ses proches
et de ses amis, à l’âge de 88 ans, mercredi 1er Février. Elle souffrait d’un cancer du poumon a expliqué son assistant Michał
Rusinek.
Wisława Szymborska était également critique littéraire, chroniqueuse et traductrice. Elle a publié 20 livres
dont principalement des ouvrages de poésie. Elle écrivait toujours des poèmes, qui seront publiés dans un nouvel ouvrage cette année.
Peu encline aux honneurs, elle avait accédé à la célébrité en devenant en 1996
prix Nobel de littérature, une récompense que trois Polonais seulement avaient obtenue avant elle : Henryk
Sienkiewicz en 1905, Władysław Reymont en 1924 et Czesław Milosz en 1980.
De nombreux critiques littéraires ont expliqué que la plupart des œuvres de Wisława Szymborska se
caractérisaient à la fois par la précision et la concision de ses expressions, ainsi que par le recours à la fable, à l'anecdote et à la métaphore, tout ceci
en usant d’un langage familier alternant humour, noir parfois, ironie et paradoxes.
En 1996, lorsque le comité du prix Nobel lui a décerné son prix de littérature, les membres de ce comité ont
souligné l’aspect ironique de sa poésie. Même à travers son discours lorsqu’elle reçut le prix, elle avait fait preuve d’humour et d’usage habile du verbe.
Sa carrière d’écrivain a commencé au cours de la seconde guerre mondiale, à l’époque de l’occupation de la
Pologne par l’Allemagne nazie, elle avait illustré un manuel d’apprentissage de la langue anglaise. Au lendemain de la guerre, elle avait étudié la langue polonaise à l’Université Jagellonne de
Cracovie, mais elle a dû abandonner ses études en raison de difficultés financières.
Elle n’avait pas affirmé de quelconque opposition au régime communiste qui s’était imposé en
Pologne, mais son premier livre en 1949 a été interdit par les autorités. Dans les années 60, Czesław Miłosz, ainsi que de nombreux intellectuels de son époque, commencèrent à perdre leurs
illusions avec le régime communiste et formèrent une opposition à partir d’un magazine polonais localisé à Paris et dont le titre est Kultura. Tout au long des années 80, à l’époque des
revendications du syndicat Solidarność, elle a publié des revues à partir du réseau de la résistance polonaise, sous le pseudonyme de Stańczykówna. Son dernier livre, Tutaj, (en français : "Ici")
a été publié en 2009.
De nombreux hommages à travers toute la
Pologne.
Le ministre polonais de la culture, Bogdan Zdrojewski, a déclaré que la personnalité de Wisława Szymborska
représentait le mélange parfait de deux extrêmes : elle était à la fois un poète ainsi qu’une personne très active sur la scène culturelle, elle fut une femme d’une grande modestie et retenue
ainsi qu’un exemple de tolérance.
Le poète polonais Tomasz Jastrun a déclaré que le décès de Szymborska, aussi bien dans le sens social que
littéraire, marquait la fin d’une époque : "Sa poésie est de plus haute qualité, et en même temps elle est accessible à tous. Elle peut être lue et
appréciée aussi bien en Pologne comme partout ailleurs dans le monde. Elle fut une personne de chair et de sang, extrêmement modeste et naturelle. Le Prix Nobel ne lui a pas fait prendre la
grosse tête. "
L’écrivain Janusz Głowacki a décrit sa poésie comme géniale : " Elle contient de la folie, de la sagesse, du lyrisme, du désespoir et du cynisme. Ses poèmes sont à la fois très complexes et très simples, et en même temps très
intelligents."
Le journaliste américain Lawrence Weschler a déclaré que la poésie de Szymborska était profondément
existentielle dans son caractère, explorant les motifs de la vie et de la mort : " Ses poèmes sont aussi légers qu’une plume, et en même temps riches de
significations. Je suis à la fois très triste et reconnaissant pour le grand don de sagesse que nous avons reçu de la part de Wisława Szymborska."
Le Président polonais Bronisław Komorowski qui lui avait remis
en 2011 la plus importante distinction polonaise, à savoir l’Ordre de l’Aigle Blanc, reconnaissant ainsi sa contribution à la culture polonaise a déclaré : "Dans ses poèmes, on peut retrouver de précieux conseils qui rendent le monde plus facile à appréhender."
Des funérailles prévues pour le 9
février.
Le Président polonais a annoncé que les funérailles se tiendront le 9 février prochain, à midi, dans la ville
natale du poète, à Cracovie. Elle sera enterrée, conformément à sa volonté au cimetière Rakowicki dans le caveau familial, avec ses parents et sa
sœur. Le Président polonais ainsi que le maire de la ville de Cracovie, Jacek Majchrowski, et le Premier Ministre, Donald Tusk, seront présents à l’enterrement.
Source : Le Magazine International Polonais
Média Polonia.com & Reuters
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