Ce qu’en pense Caroline Vié / 20 Minutes :
Le nouveau film de Lucas Belvaux secoue énergiquement le spectateur... Une nuit. Un meurtre brutal. Personne n'a rien vu, rien entendu. Jusqu'au moment où un homme torturé par les remords se décide à parler… 38 témoins de Lucas Belvaux porte à l'écran le livre de Didier Decoin Est-ce ainsi que les femmes meurent ? (Editions Grasset). Avec une précision clinique, il analyse le comportement de gens ordinaires qui ont préféré se terrer dans leur appartement plutôt que d'intervenir pour sauver une vie.
Angoissant et
passionnant
C'est Yvan Attal, que le Belge avait dirigé dans Rapt (2009), qui lui
a confié le roman avant d'incarner le rôle principal. "Chacun s'est dit que les autres allaient bouger, explique Lucas Belvaux, et personne n'a rien fait. Plus que de se demander comment il
aurait agi à la place des personnages, j'aimerais que le public se pose la question des réactions que la société doit avoir face à ce type de comportements."
Une scène de reconstitution magistrale montre l'horreur d'un crime violent qu'un simple coup de téléphone aurait pu arrêter. "L'affaire Kitty Genovese, dont Didier Decoin s'est inspiré, est
passionnante dans ce qu'il révèle de la nature humaine, insiste Belvaux. Les faits se sont déroulés en 1964, mais les gens n'ont pas changé." Des témoins apathiques ont laissé Kitty Genovese se
faire massacrer à New York. Il en est de même au Havre où le film a été tourné. Yvan Attal, impeccable, espère se sentir mieux en se confiant à son épouse (Sophie Quinton). Une journaliste
(Nicole Garcia) et un procureur (Didier Sandre) agiront en leur âme et conscience face à ses aveux. "Je ne suis pas d'accord avec ce que dit Simenon quand il prétend qu'il faut comprendre sans
juger", dit Belvaux. Chacun se fera une opinion devant ce film fort, polar philosophique et captivant.
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