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Romans Etrangers

Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 19:18

livre_livres_a_lire_les_empreintes_du_diable-copie-1.jpgL’attention de Michael Gardiner se trouve un jour retenue par un article paru dans le journal local. Il s’agit d’un fait divers peu ordinaire. Une carcasse de voiture a été retrouvée carbonisée avec 3 corps à l’intérieur : une femme et deux jeunes garçons. Il s’avère qu’il s’agit de Moira Bernie et de ses fils Malcom et Jimmie. Le problème c’est que la thèse de l’accident ne tient pas. Alors que s’est-il passé ? Et bien, Moira Bernie après avoir tenter de tuer Tom son mari violent en qui elle voyait le diable, a décidé  de mettre fin à ses jours ainsi qu’à ceux de ses deux fils en qui elles voyait les successeurs de leur père. Elle laisse dernière elle sa fille aînée Hazel.
 

Ce qui est le plus troublant dans cette histoire c’est le nom de cette femme. En effet, il ne lui est pas inconnu et pour cause, elle a été autrefois, il y a bien longtemps, sa petite amie.  Bien longtemps, enfin pas tant que cela, juste quelques années qui correspondent à l’âge de … cette Hazel. La question que l’on est en droit de se poser alors est : Se pourrait-il qu’elle soit sa fille ?


Et cet article ne va pas seulement soulever cette question, il va le replonger dans son passé, son enfance dans ce petit village de pêcheurs, Coldhaven, où il a toujours vécu et s’est toujours senti étranger, et l’obliger à affronter ses vieux démons. Il cache un terrible secret que seule Mrs Collings connaît et qui a un rapport avec le frère de Moira. Un malheureux incident qui a tourné au drame lorsqu’il a voulu lui faire savoir qui était le chef ! Je vous laisse découvrir ce qui a poussé Michael Gardner à entraîner Malcom Kennedy dans le chaufour, un vendredi après midi après l’école, sous prétexte d’aller voir un hypolaîs ictérine et ce qui s’y est passé.


Mais ce n’est pas tout. La vie de cet homme va être réellement chamboulée par cette idée de paternité. D’autant plus que lorsque la belle et fascinante Hazel croisera sa route, ils s’enfuiront ensemble. Pour le meilleur mais aussi pour le pire. Ce qui évidemment n’arrangera pas les choses avec sa femme Amanda … Et puis, il lui faudra aussi gérer les confessions de son père sur son lit de mort. Ce qui une fois de plus le ramènera à son enfance et à la vision qu’il en avait de son point de vue d’enfant.

 

Ce livre nous apprendra que tout un chacun garde un secret en lui. Nous en avons ici plusieurs exemples : le narrateur lui-même, son père, sa mère, Mrs Collings et sans doute Moira … Du coup, il peut arriver que l’on se rende compte que l’on ne connaissait pas si bien les gens qui nous étaient pourtant proches. Il nous apprendra aussi que la bêtise et la méchanceté humaines n’ont pas de limites et que la peur de la différence a  toujours conduit à des comportements stupides dont les conséquences parfois tragiques peuvent nous échapper.

 

Burnside, l’auteur de ce roman, nous entraîne dans une histoire rocambolesque, à la limite de l’incroyable et pourtant rien dans ce récit pris séparément n’est impossible. Le tout cumulé n’est qu’un mauvais concours de circonstances. En même temps, on peut se retrouver pris dans une spirale sans fond et là, rien ne va plus. Grâce à un astucieux système d’allers et retours entre le passé et le présent, le lecteur perd pied et entraîné par les nombreux revirements de situations, est tenu en haleine jusqu’à la fin.

 

Une fois le livre refermé, on ne voit plus sa famille, ses amis, ses voisins ou encore ses collègues de travail du même œil et cela fait froid dans le dos car quelque part cette histoire est celle d’un homme ordinaire.

 

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Par Françoise BACHELET - Publié dans : Romans Etrangers
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 19:16

 

livre_livres_a_lire_le_roi_transparent-copie-1.jpgAu XIIème siècle dans le Sud Ouest de la France, Léola, 15 ans, est une jeune paysanne qui partage sa vie entre son père, son frère Antoine et Jacques son fiancé. Il faut tout de même préciser qu’à cette époque les seigneurs féodaux se mènent des guerres sans pitié les uns contre les autres. Le seigneur d’Aubenac, à qui ils appartiennent, vassal du comte du Gévaudan, qui est à son tour un vassal du roi d’Aragon, lutte contre les troupes du roi de France.

Et c’est bien à cause de ça que la vie de Léola va être complètement chamboulée. Le seigneur d’Aubenac ayant besoin de bras pour guerroyer va réquisitionner tous les hommes lui appartenant. Seule et abandonnée, elle doit maintenant survivre tant bien que mal. Pour échapper à la mort et au viol, elle décide de revêtir l’armure d’un jeune guerrier mort sur un champ de bataille, de partir sur les routes et surtout de changer son prénom pour celui de  Léolo.


Sur son chemin, elle croise Nynève la rousse qui dit être une fée du savoir
et qui unira son destin au sien en lui servant d’ange gardien tout au long de sa vie. Tout d’abord, elle décide que Léolo doit apprendre à se battre pour être crédible dans son armure de chevalier. Elle va donc l’emmener chez Maître Roland. Elle va aussi lui apprendre à lire et à écrire. Une fois l’apprentissage des armes terminé, elle va l’inscrire à un tournoi où elle gagnera un cheval, une nouvelle armure et l’estime d’une femme mystérieuse qui va les inviter dans son château et lui demander de lui apprendre à se battre. Cette femme mystérieuse n’est autre que Dhuoda, veuve du Duc de Roger de Beauville surnommé Poing de fer, mort aux croisades. Petit à petit, la duchesse lui racontera son enfance et lui dévoilera son projet de vengeance contre son demi-frère. Elle ira même jusqu’à l’ordonner chevalier. Léolo deviendra donc le seigneur de Safre.


A Poitiers, où elle se rend avec Nynève pour participer au grand tournoi, elle fréquentera la Reine Aliénor et ses enfants : Marie de Champagne, Godefroi et surtout Richard et assistera à ce que l’on appelait à l’époque la Cour d’amour, la fin’amor.  Plus tard, elle deviendra Marchand de sang puis le seigneur des Ardres lui confiera une mission : se faire passer pour son neveu pour continuer la guerre qu’il a entrepris contre le Comte de Guînes. Puis elle se trouvera confronter à l’Inquisition qu’elle fuira tant bien que mal mais sans oublier de rendre service à la dame de lumière et sa fille Violante, en se chargeant de porter une lettre à son cousin le vicomte de Trencavel. Elle croisera à nouveau le chemin de Dhuoda devenue la Dame Noire. Elle reviendra par hasard dans son village natal et reverra Jacques sans oser lui dévoiler sa véritable identité.


Tantôt homme, tantôt femme, elle partagera sa vie entre ces deux états, s’autorisant parfois à être une véritable femme que ce soit dans les bras de Gaston, étudiant en Gai savoir ou encore ceux de Léon le forgeron. Le tout sur fond de légende, celle du roi Arthur, de la cour de Camelot, de Merlin l’enchanteur et surtout de l’histoire interdite du roi transparent, histoire qu’il ne faut pas raconter sous peine de mourir sur place, il parait qu’il existe des paroles malignes qui disloquent le monde ….

Ce livre me conforte dans l’idée que pour rien au monde, je n’aurais voulu vivre à une autre époque qu’aujourd’hui. Et pour cause, l’histoire que nous raconte Rosa Montero nous démontre une fois de plus que la condition féminine n’a que rarement été simple et enviée. Evidemment, pour moi qui vie au XXIème siècle, le Moyen Age n’est pas une époque que je connais très bien et me semble particulièrement loin. Mais quand même, comment peut-on rester indifférent au sort de Léola, qui a été confrontée si jeune et si brutalement à sa condition de femme. La voilà plongée dans un monde particulièrement machiste et à une époque de grands troubles sociaux : la guerre est omniprésente, l’Inquisition est là donnant une image bien peu glorieuse de l’Eglise…

Mais ce roman sur fond pas "très gai " dirons nous n’en est pas moins intéressant car on y apprend beaucoup sur la vie quotidienne, les us et coutumes et les légendes en vigueur en France à l’aube de la Renaissance. Grâce au talent de l’auteur, on ne s’ennuie pas une seconde. Tous les personnages principaux sont  attachants car ils sont vrais avec chacun un caractère bien trempé et de nombreuses qualités humaines. Les descriptions sont tellement  réalistes que l’on plonge immédiatement au cœur de l’histoire au point même souvent d’avoir l’impression de la vivre aux côtés des protagonistes et de faire partie de leur groupe. Ce roman émouvant et original, à la lecture divertissante et où se mêle réalité et fiction nous offre une formidable leçon de vie.

  

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Par Françoise BACHELET - Publié dans : Romans Etrangers
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 18:57

livre_livres_a_lire_la_mariee_mise_a_nu.jpgUne femme bientôt la quarantaine,  lasse de son mariage qui bat de l’aile,  disparaît avec son enfant, ne laissant derrière elle que son journal intime dans lequel elle raconte sa vie au quotidien avec son mari et plus particulièrement son expérience sexuelle et ses désirs inassouvis.


Il faut dire qu’après avoir lu son journal, on comprend mieux pourquoi cette femme a décidé de disparaître. En effet, dès le début ou presque, son mariage n’a pas été un long fleuve tranquille… Son voyage de noces est loin d’être une réussite, ensuite elle apprend que son mari Cole a une aventure avec sa soi disant "meilleure amie" Théo, femme libérée et moderne à qui l’héroîne aurait bien voulu ressembler. Et ce n’est que le début ! Alors face à l’indifférence de son mari et à la détresse qui l’envahit, il ne reste que la fuite ! 

Ce livre n’est toutefois pas un récit amer, c’est juste un constat, celui d’une incompréhension, l’éternelle incompréhension hommes/femmes. Il a le mérite de remettre les choses à leur place.  Au fil des pages, on découvre que le mariage n’est pas toujours le bonheur absolu et que la maternité peut faire parfois beaucoup de mal au couple.


Ce livre à la fois profond, troublant, palpitant, émouvant et sensible, se lit tout seul. On ne décroche pas de cette succession de réflexions. A mettre entre toutes les mains : féminines pour savoir ce qui vous attend, masculines dans l’espoir de leur ouvrir les yeux. 

Par Françoise BACHELET - Publié dans : Romans Etrangers - Communauté : Chronique de nos lectures
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