Vendredi 12 décembre 2008
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" Ce que l’océan ne dit pas " n’est autre que la biographie romancée de son auteur Hortense Dufour dans
laquelle sous les traits de Christine, elle nous raconte son enfance et son adolescence, à Marennes, en
Charente Maritime dans la France des années 50-60.
Dans cette petite ville, capitale de l’huître, au pays des marais et de la mer, Christine donc, qui rappelons le au passage est le second prénom de l’auteur, grandit entourée
de sa mère, Silvia, ancienne violoncelliste, qui à peine enceinte d’elle, disait "ce sera une fille, elle s’appellera Christine et elle sera écrivain" et qui l’élèvera dans cette étrange
croyance, de son frère son aîné d’un an, de ses grands parents Nonno et Nonna, de sa tante Zia, tous trois exilés politique italiens, sans oublier son père, natif de la Corrèze, peu présent car
très occupé par son travail de juge d’instruction, et peu enclin à rejoindre son foyer dans lequel il se sent prisonnier. Indifférente à son
père pour qui elle n’est qu’un simple retour de couches, elle sera désirée et aimée par sa mère qui n’aura de cesse de la pousser vers son destin.
Dans
cette France d’après guerre qui cherche ses repères et soigne ses blessures, la musique comme un héritage familial, le cinéma où elle va tous les dimanches après midi et où elle découvrira
l’existence des camps de concentration ainsi que l’affaire Rosemberg qui la marquera à jamais et l’océan compagnon fidèle à qui l’on peut tout dire, auront une place de choix dans sa jeunesse.
Certains personnages atypiques marqueront aussi sa mémoire comme Pierrot, Melle Tracholson, Boniface le coiffeur, Babert le vendeur de moules ou encore Albine la bijoutière. Sans oublier les
patisseries de Nonna, les peurs domptées, les rivalités frère/sœur, les moments d’insouciance et de bonheur sans retenue.
C’est d’une écriture passionnée et fougueuse, tantôt douce comme les paysages et les arcs en ciel de cette région de Saintonge, tantôt dure comme peuvent l’être
l’océan à marée haute, le vent et les gens, qu’Hortense Dufour nous livre ses souvenirs d’enfance, dresse par la même occasion un portrait réaliste de cette époque et réussit magnifiquement un
exercice de style pas toujours facile.
Par Françoise BACHELET
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Publié dans : Romans Français
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