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Gisèle Halimi, née en 1927 à La Goulette en Tunisie, est depuis des décennies une figure importante dans le monde du
droit. Elle fut une très grande et une remarquable avocate, mais elle est surtout connue pour avoir toujours défendu les droits des femmes de toutes ses forces. Féministe convaincue, elle fut
mise en lumière alors qu’elle représentait une jeune fille, Marie Claire, poursuivie pour avortement lors du fameux "procès de Bobigny" en 1972.
Ce récit est celui de son histoire profonde, de son acheminement vers ce qu’elle est devenue. Ses racines tunisiennes ont considérablement influencé sa personnalité. Très jeune, elle s’est dors
et déjà sentie bien différente : dans l’enfance, puis l’adolescence, elle a vite compris qu’elle serait moins bien considérée que les garçons, que le fait d’être une fille allait, en quelque
sorte, constituer un handicap, un fardeau qu’elle devrait porter tout au long de sa vie. Il semble que sa révolte soit née de ce sentiment, très précoce, d’injustice, qui lui donna une force
incroyable, qui l’aida et la motiva à avancer vers le chemin qu’elle s’était tracé.
Dans cet ouvrage, Gisèle Halimi nous livre donc ses réflexions sur la question épineuse de ce féminisme si cher à son cœur. Elle nous fait partager sa position sur la relation des femmes à la
maternité, sur les connivences et interconnexions entre la vision que les femmes ont d’elles mêmes, et le poids socio- culturel qui s’attache à leur condition. Aussi, elle nous fait part de son
avis sur l’égalité des hommes et femmes dans la vie de famille, le travail, le salaire, parle aussi de l’indépendance économique, de la prostitution, et des violences conjugales.
Elle met donc en valeur sa vision personnelle, ses idées, ce qui l’anima dans cette cause et ce qui lui fit croire qu’elle était juste. Elle retrace aussi les rencontres qui ont influencé sa vie
: Simone de Beauvoir, bien sûr, mais aussi Jean Paul Sartre et Aimé Césaire.
Toute son existence et toute sa carrière, elle a donc été fidèle à cette pensée et a beaucoup œuvré pour la cause des femmes : pour le droit à l’avortement, et le droit à la parité notamment. Car
sa légitimité, la preuve concrète de son engagement, elle la tire aussi de ses actes. En effet, ses théories, tirées de son vécu, de ses propres expériences, lui ont servi de base pour essayer de
changer les choses, de permettre aux femmes de s’émanciper.
Et pour aller au bout de ses idées, elle se donna donc les moyens de les mettre en oeuvre. En effet, en tant que juriste, elle usa de l’outil législatif pour essayer de proposer concrètement des
solutions, de transformer ses convictions en réalités. Elle le fit, de part son rôle de députée ( qu’elle exerça entre 1981 et 1984 sous la présidence de François Mitterrand ), bien sûr,
mais aussi à l’aide d’actions associatives.
Pour, dit-elle, laisser aux femmes le choix, l’ambition, et la certitude qu’il ne faut jamais se résigner.
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