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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 06:51

livre_livres_a_lire_maria_moura.jpgRachel de Queiroz nous relate dans son dernier roman la vie de Maria Moura, une femme hors du commun. Surtout si on replace cette histoire dans son contexte c'est-à-dire au XIXème siècle dans le nord du Brésil. Et parce que comme Calamity Jane, légende féminine du Far West, avec qui elle a plus d’un point commun, elle a refusé d’accepter le rôle de soumission réservé aux femmes de cette époque et a préféré prendre les armes pour défendre ses rêves et ses terres.

 

Tout la destinait à devenir la maîtresse d’un grand domaine et pourtant c’est à la tête d’une bande d’aventuriers armés qu’elle rançonne les voyageurs, qu’elle dresse les hommes les uns contre les autres dans des batailles rangées ou dans des actions plus discrètes qui lui permettent d’éliminer quelque amant gênant, bref qu’elle utilise tous les moyens que lui offre cette société rude et violente pour prendre le pouvoir et assurer sa liberté.

 

Comment en est-elle arrivée là ?  Disons que la mort de sa mère, le comportement de son beau-père Luis Liberto et l’avidité de ses cousins sans scrupules Antonio Luiz dit Le Tonio et Ireneu y sont pour beaucoup. En effet, après la mort de sa mère, qu’elle a retrouvée pendue dans sa chambre, son beau père se rapproche petit à petit d’elle pour finir par la violer. Du coup, grâce à un judicieux stratagème, elle le fait assassiner. Ensuite, pour fuir ses cousins qui voulaient l’enlever et la déposséder de son héritage, elle met le feu à sa maison et s’enfuit dans la Serra dos Padres où ses aïeux possédaient un lopin de terre qui lui revient de droit. Voilà donc comment Maria Moura s’est retrouvée malgré elle, sur les chemins accompagnée de quatre compagnons fidèles : Joan Refo, Massinho, Alipio et Zé Soldado. Au fil du temps et des rencontres, de nouvelles recrues rejoindront ce groupe comme par exemple l’ex-prêtre José Maria qui cache un lourd secret, Cirino, dont elle tombera amoureuse, Marialva, sa cousine germaine et Valentin son amoureux saltimbanque, Duarte, demi-frère de Marie, et sa mère  Rubina une ancienne esclave, Zé Vicente, Juco et bien d'autres encore. 

 

Le récit est écrit à la première personne pourtant nous ne sommes pas en présence d’un narrateur unique. Bien au contraire, l’histoire nous est racontée par plusieurs des personnes qui l’ont vécu, principalement par Maria Moura elle-même, mais aussi par le Père José Maria, Marialva et Irineu Tonho. Ce qui est très intéressant car cela permet d’avoir plusieurs points de vue. Et pour que le lecteur s’y retrouve facilement, chaque chapitre porte le nom de celui ou celle qui parle.   

 

Au fil des pages, actions, amours, conflits en tous genres sont au rendez vous. De plus, Rachel de Queiroz construit un extraordinaire personnage de femme à la fois  forte, déterminée, froide et calculatrice et nous dresse un magnifique tableau des relations sociales et culturelles des campagnes brésiliennes du XIXème. Le style narratif de l’auteur dans lequel de nombreuses séquences sont construites à la manière d’un feuilleton finit de rendre ce roman attractif et nous fait oublier l’épaisseur de ce livre (517 pages !).

Par Françoise BACHELET - Publié dans : Romans Etrangers - Communauté : Chronique de nos lectures
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