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A priori, un
dictionnaire sur l’Europe peut inquiéter et freiner. Détrompez-vous ! Ce fut une bonne surprise ! Car ce livre porte bien son titre. Loin de la "politique politicienne", on en sort avec une
envie d’Europe, conscients de ses faiblesses et de ses capacités. On a envie à tout va de la relancer, de construire de nouveaux projets. L’Europe proposée donne envie.
Certes, ce n’est pas un livre avec petites phrases assassines mais un livre qui pointe les avancées de l’Europe, ses défauts actuels et des propositions pour la faire évoluer et la
relancer. En nous expliquant simplement le fonctionnement de l’Europe et en choisissant des exemples, Marielle de
Sarnez nous réconcilie, sans "eurobéatitude", avec l’Europe. Consciente de ce qu’elle a permis de faire, consciente de ses problèmes, Marielle de Sarnez analyse l’Europe et trouve des
solutions.
L’Europe a trop souffert du double langage des politiques, nous dit elle. Aucune décision n’est prise sans l’approbation de chaque Etat membre. Ils sont donc responsables du désamour du citoyen
européen pour l’Europe. D’un côté, ils disent clairement "c’est la faute de Bruxelles", de l’autre, ils prennent les décisions à Bruxelles. Elle cite un exemple assez étonnant. Celui de la
directive du temps de travail. La commission soumet cette directive proposée par le conseil (comprenez, gouvernements des Etats membres). Il s’agit d’augmenter la durée maximale du temps de
travail de 48h à 65h et de ne pas supprimer la possibilité, appelée opt out, de dépasser ce temps sous certaines conditions. Heureusement, le Parlement européen fait blocage. Des décisions de ce
genre sont prises en catimini dans des conseils européens secrets ce qui permet à nos chefs d’Etat de nous dire le contraire dans nos contrées. Marielle de Sarnez propose simplement que les
conseils soient rendus publics.
L’Europe s’est trop occupée de détails insignifiants. On ne fait pas l’Europe en définissant le vin rosé comme un mélange de vin rouge et de vin blanc ! L’Europe a permis l’autosuffisance et la
sécurité alimentaires. Elle a permis Ariane et Airbus. Elle a permis la liberté de circulation (Schengen). L’Europe n’est jamais meilleure que lorsqu’elle fait des avancées concrètes et sur
l’essentiel. Marielle de Sarnez prône une recherche européenne, une harmonisation fiscale et sociale dont la zone Euro serait le noyau, une Europe de l’Energie. À cette occasion, elle cite Robert
Schuman : "(L’Europe) se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait".
À travers des exemples ludiques, elle définit deux visions de l’Europe. Entre chocolat et jouets, elle l’illustre avec la banane. Il y a en effet deux conceptions de la culture de la banane,
premier fruit consommé au monde. Il y a la culture américaine : dans des conditions sociales et environnementales déplorables, on cultive sans relâche ce fruit commercialisé par des
multinationales américaines. Il y a la culture prônée et défendue par l’Europe, celle des Açores, des Antilles et de l’Afrique. La banane est là-bas plus qu’un produit. "Sa culture façonne les
paysages, fait vivre des milliers de petits planteurs. C’est un fruit culturel ".
Ces deux cultures ont été au centre de débat houleux en Europe. Finalement, l’Europe a imposé des quotas à la "banane dollar", contre les pressions de l’OMC qui la condamne régulièrement au nom
de la non libre concurrence. L’Europe doit résister pour se protéger de ces concurrences déloyales, conclue Marielle de Sarnez.
Marielle de Sarnez revient enfin, dans les dernières pages, sur la naissance de l’Europe, projet sans aucun précédent dans l’histoire de l’humanité. Deux pays, la France et l’Europe, qui n’ont
cessé de se faire la guerre, décidaient le 8 Avril 1951 de mettre en commun le charbon et l’acier, ressources permettant la fabrication des armes. La députée européenne va jusqu’à oser mettre
entièrement la déclaration de Schuman que nous nous surprenons à lire du début à la fin.
Finalement, Marielle de Sarnez retrace, sans polémique politicienne, dans son "Petit Dictionnaire de l’Europe", l’histoire européenne, avec ses avancées et ses difficultés. La vice-président du
MoDem nous fait prendre conscience du besoin d’Europe, du besoin d’un nouvel élan, d’une Europe politique - car comme disait Delors "on ne tombe pas amoureux d’un grand marché" -, d’une Europe
concrète se préoccupant de l’essentiel, d’une Europe plus transparente. Enfin, Marielle de Sarnez nous donne envie d’aller voter le 7 Juin en nous décrivant un Parlement européen démocratique,
soucieux de voter à une large majorité, au-delà des clivages, les meilleurs textes afin d’être au plus proche des citoyens européens.
Le blog de Virginie Votier
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