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Frédéric Mitterrand, neveu de l'ancien président et nouveau ministre de la Culture de Nicolas Sarkozy, arrive rue de Valois avec une image affirmée d'homme de cinéma, de médias et de lettres. En effet, rares sont les champs de la culture qui ont échappé à la patte éclectique de l'ancien directeur de la Villa Médicis.
Frédéric Mitterrand est tout d'abord un écrivain: "Lettres d'amour en
Somalie" (1985), "Mémoires d'exil" (1990) ou "Le festival de Cannes" (2006). Il est
aussi l'auteur de "La mauvaise vie" (2005), un ouvrage écrit à la première personne dans laquelle il expose son homosexualité.
Fils de l'industriel Robert Mitterrand, le frère de l'ancien Président, c'est d'abord dans le cinéma, sa passion, qu'il se lance après quelques années d'enseignement. A 12 ans, il figure dans Fortunat, aux côtés de Michèle Morgan et Bourvil. Mais c'est comme directeur d'une chaîne de cinémas d'art et d'essai qu'il cherche d'abord à faire partager sa passion de la toile. Plus tard, il passera derrière la caméra pour un long métrage salué par la critique, en filmant en Tunisie l'opéra de Giacomo Puccini "Madame Butterfly".
Il est avant tout un enfant de la télé avec laquelle il a eu des rapports souvent tumultueux. Avant de prendre ses distances fin juin 2005 avec la chaîne TV5Monde,
dont il était le directeur général délégué en charge des programmes depuis septembre 2003, il a réalisé et présenté une vingtaine d'émissions, dont beaucoup ont marqué l'histoire du petit
écran.
Il anime tout d'abord "Etoiles et toiles" puis "Acteur studio"
, émission consacrée au cinéma, sur la Une à partir de 1981. Son célèbre "Bonsouar", qu'il
lançait d'une voix profonde sur l'antenne de TF1 pour présenter en 1988 un magazine mensuel en public et en direct, est aussi resté. Fin 1988, il quitte avec fracas TF1, devenue chaîne privée, pour Antenne 2, chaîne du service public: "Ils n'aiment ni les Noirs, ni
les Arabes, ni les pédés, ni les gens de gauche. Autant dire que je n'avais pas beaucoup d'avenir."
Fasciné par les stars du cinéma et les têtes couronnées, dont il déroule les destins avec gourmandise, Frédéric Mitterrand enchaîne les magazines controversés. Sans
indulgence pour les chaînes privées, il n'en montre pas davantage pour l'audiovisuel public. Récompensé en 1990 par un "7 d'Or" pour une émission de variétés, il dépose son trophée par terre,
"là où, selon lui, se trouve le service public".
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