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L'écrivain espagnol et ancien ministre de la Culture Jorge Semprun est mort mardi soir à Paris, a-t-on appris auprès de son petit-fils Thomas Landman. Jorge Semprun, qui s'est exilé en France avec sa famille après la guerre civile espagnole (1936-1939), s'est éteint "très paisiblement" à l'âge de 87 ans à son domicile parisien, a précisé M. Landman.
Jorge Semprun a été un résistant au nazisme, déporté en 1943 au camp de Buchenwald, et un activiste communiste anti-franquiste. Responsable à partir de 1953 de la coordination de l'action clandestine du PCE, des divergences l'opposent au chef du parti, Santiago Carrillo. En 1964, Jorge Semprun est exclu du Comité exécutif du PCE.
Il se consacre alors à l'écriture, en français et en espagnol. En 1969, son roman "La deuxième mort de Ramon Mercader" obtient le prix Femina. Adaptateur et dialoguiste des films "Z" (1969) et "L'aveu" (1970), il est aussi le complice au cinéma d'Yves Montand et du réalisateur Costa Gavras.
Il a également été ministre de la Culture de 1988 à 1991 dans le gouvernement du socialiste Felipe Gonzalez.
"Semprun était une référence très importante de ce que nous appelons aujourd'hui la mémoire historique", a déclaré la ministre espagnole de la Culture Angeles Gonzalez-Sinde à la radio Cadena Ser. La ministre a prévu de venir mercredi à Paris pour rendre un dernier hommage à l'écrivain.
Selon la télévision publique espagnole, la famille n'a pas encore choisi le lieu d'inhumation mais il est probable que ce sera en France où il a vécu quasiment toute sa vie.
Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a rendu hommage mercredi à Jorge Semprun, "écrivain majeur" mais aussi "grand témoin de notre temps", qui avait "choisi la langue française comme seconde patrie".
"Jorge Semprun, pour qui "l'indicible, c'est ce qu'on ne peut pas taire", restera pour nous tous l'une des plus belles figures du penseur engagé au service de l'idéal européen", affirme le ministre dans un communiqué, rappelant que "la liberté, la dignité et l'honneur de la condition humaine" étaient au coeur de ses préoccupations.
Martine Aubry, Première secrétaire du Parti socialiste français, a également salué en Jorge Semprun le "résistant, militant mais aussi ministre", "combattant infatigable de la justice, de la liberté et de la justice". "Pour tous ses lecteurs, il restera l'inoubliable peintre de la "nudité métaphysique " de l'homme, comme il aimait à la désigner", écrit Mme Aubry en exprimant "émotion et tristesse". "L'Europe, l'Espagne, la France, perdent un sage dont la voix manquera", a-t-elle affirmé.
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