Entretien avec Cathy Raynal

Publié le par Françoise BACHELET

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Bonjour, tout d'abord, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Bonjour, je m’appelle Cathy Raynal. Ancienne salariée de France Telecom  et déléguée du personnel, je décide,  à presque 49 ans  de quitter le monde du travail pour me consacrer à l’écriture que je pratique depuis mon enfance. Je n’ai jusqu’ici  publié que des poèmes et haïkus dans des revues littéraires  ainsi que des textes et paroles de chansons   sur mon blog. Toutes ces années, j’ai   surtout écrit pour moi, pour le plaisir de m’exprimer, de créer, de jouer avec les mots.

Vous venez de publier votre premier livre intitulé «  Les travailleuses sans visage » chez Edilivre. De quoi parle-t-il ?

Ce livre a pour héroïnes cinq femmes qui travaillent sur le même plateau téléphonique, trois d’entre elles  ont un passé à France Telecom, et donc une culture de service public. Ce sont celles qui  ont le plus de  mal à accepter ce qu’on leur demande d’être du jour au lendemain. Les deux autres étant plus jeunes n’ont pas ce vécu mais sont encore plus sollicitées par leur manager pour atteindre ces fameux objectifs de vente (qui chaque mois augmentent inexorablement) en plaçant un maximum de produits et service sans souvent tenir compte des besoins et de la satisfaction du client .

 
Quel a été l’élément déclencheur à l’origine de ce roman et qui a provoqué chez vous cette envie (ce besoin) d’écriture ?

Mon départ de l’entreprise, en tant que déléguée du personnel, me donnait l’impression d’abandonner  mes collègues à leur sort. Avant de les quitter, je me suis  fait la promesse d’écrire pour elles et de dénoncer ce que le grand public ne voit pas, n’imagine même pas. Besoin de dire ce qui existe derrière ces voix  au téléphone, qui parfois nous exaspèrent,  tant on ignore tout des ces personnes humaines et de leurs conditions de travail. Il y eut aussi pour moi un travail thérapeutique sur un épisode de « harcèlement moral » que j’avais besoin d’évacuer.

 
Pourquoi avoir préféré le roman plutôt que le récit pour témoigner de ce que vous avez vécu ? 

J’ai pensé au lecteur : raconter les journées des  téléopératrices pouvait être rébarbatif. Mais pour être franche, c’est surtout pour moi que cela aurait été ennuyeux !  J’avais besoin de créer des histoires, inventer des vies à mes personnages en dehors du boulot,  faire travailler mon imagination,   broder et enjoliver. Bref le roman était pour moi la seule voie possible ! Il n’empêche que tout ce qui est dit sur l’organisation du travail, les rapports entre la hiérarchie et le personnel, ainsi que le quotidien de ces femmes sur leur position de travail est entièrement inspiré de la réalité.

Peut-on aborder votre méthode de travail ?

Je travaille selon un plan que je me suis fixé au départ, pour ensuite le remettre en question à la moindre occasion ! Mettre des noms à des chapitres non encore écrits m’aide à me structurer, et à avoir une vue d’ensemble sur le déroulement que je veux donner à l’action. Je passe aussi beaucoup de temps à relire et corriger au fur à mesure que j’écris. Lorsque j’ai terminé en partie ou en entier mon roman,  je laisse poser un bon mois le temps d’avoir du recul et un avis un peu plus objectif  sur ce que j’ai écrit.  Si ça me plait, je peux continuer sinon, c’est une coupe impitoyable qui s’exerce et je recommence des paragraphes entiers !

 Quels sont vos projets maintenant ? 

J’ai commencé un nouveau roman où il est question de l’émancipation des femmes suite à Mai 68, et de la vie de l’une d’elle encore enfant à l’époque. On y suivra  jusqu’au seuil de sa vieillesse son parcours  sexuel, affectif et professionnel,  tout au long de sa vie de femme aimant les hommes plus que tout mais préférant rester libre. Je me donne encore une année pour le terminer.

Le sujet de votre prochain roman semble également passionnant ! Je vous remercie d’avoir répondu à nos questions et vous souhaite bonne continuation dans vos travaux d’écriture.

 

Pour lire un extrait du livre " Les travailleuses sans visage"  et pour le commander

Pour suivre l’actualité de Cathy Raynal sur son blog 

 

Publié dans Interview

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