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Conte séculaire inspiré d'une ancienne légende germanique, "Blanche-Neige" a été couché sur papier en 1812 par les frères Jacob et Wilhelm Grimm, adapté en film muet en 1916, avant que Walt Disney ne s'en empare en 1937 pour réaliser le premier long-métrage d'animation de ses studios, "Blanche-Neige et les sept nains".
Mais voici que 200 ans après sa naissance officielle, la jeune femme s'émancipe. Grâce au scénario farfelu de Marc Klein et Jason Keller, et à l'extravagante réalisation de Tarsem Singh ("The Cell"), l'héroïne fait voler en éclats sa propre légende pour renaître sous une version ultra-moderne digne du XXIe siècle: "Blanche-Neige" (sortie mercredi dans les salles en France).
Imaginez une "Blanche-Neige" contemporaine, plus proche de la princesse Fiona de "Shrek" (les rots en moins...) que de son vénérable ancêtre imaginée par les frères Grimm. Exit la gentille princesse aux joues roses, timide et docile, prête à se soumettre à la reine (Julia Roberts) et aux moindres demandes domestiques des sept nains (rebaptisés Napoléon, Boucher, Crado, Grimm l'instit, Loup, Glouton et Demi-Pinte): la nouvelle Blanche-Neige (Lily Collins) s'avère aussi intelligente qu'insolente, aussi indépendante que libertine, et elle sait se battre !
Exit aussi le cercueil en verre, la pomme rouge, la sorcière et le reste: le film de Tarsem Singh prend tant de libertés avec la légende que par moments, on reconnaît à peine le conte originel, mais il le fait avec tant d'enthousiasme et d'humour qu'on n'arrive guère à lui en vouloir.
Et les codes du genre sont inversés du tout au tout. Ex-fiancée de l'Amérique, adulée par le public, Julia Roberts est hilarante en vilaine reine vieillissante, parfait reflet de la "cougar" moderne. Un peu paumé, un peu pâlot et tout soucieux de son apparence, le prince Alcott (Armie Hammer), lui, incarne l'archétype du métrosexuel, tandis que Lily Collins, choisie parmi 300 actrices, campe à merveille la jeune fille moderne.
Porté par ses acteurs, "Blanche-Neige" profite aussi de l'audace et de la poésie mises en œuvre pour incarner son univers enchanté. Construits sur de gigantesques plateaux à Montréal, les décors grandeur nature font preuve d'une fabuleuse inventivité visuelle, tandis que les costumes, grandioses, rivalisent d'imagination.
Au final, les enfants adoreront ce conte déjanté, sa princesse bagarreuse et ses nains énervés, tandis que les adultes apprécieront le triangle amoureux entre la reine, Blanche-Neige et le Prince Charmant, ainsi que les clins d'œil aux maux de notre siècle: jeunesse et beauté éternelles...
La saga Blanche-Neige n'est d'ailleurs pas terminée puis qu'en juin prochain, un autre long-métrage, "Blanche-Neige et le chasseur" de Rupert Sanders, s'attachera une nouvelle fois à réécrire le conte de fées, cette fois sous les traits de Charlize Theron, Kristen Stewart et Chris Hemsworth.
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