Livre : 365 expressions latines expliquées – Paul Desalmand,Yves Stalloni et Dominique Foufelle – Editions du Chêne

Publié le par Thierry THOMAS

livre_livres_a_lire_365_expressions_latines_expliquees.jpgOn utilise aujourd’hui couramment un grand nombre d’expressions latines ou mots directement transcrits du latin et pourtant on en a presque oublié leur origine. Certains sont évidents, d’autres moins limpides.

 

A priori, post-scriptum, nota bene, effet placebo, manu militari, curriculum vitae, intra muros, modus vivendi, quota, Veni, vidi, vici ou encore Errare humanum est, en sont quelques exemples. Il est donc important et intéressant d’en apprendre l’origine et d’en comprendre le sens si on veut les employer à bon escient.

 

L’intérêt de ce livre est qu’il va au delà d’une simple traduction, en mettant en situation chacune des 365 expressions latines, en donnant des détails sur qui l’utilisait, etc. D’autre part, son index alphabétique est un véritable plus.

 

Cet ouvrage que l’on peut assimiler à une session de rattrapage, parfois très amusante, pour tous ceux qui n’ont pas "fait latin", deviendra rapidement leur livre de chevet, à moins qu’ils ne le dévorent en une nuit ou deux….

 

Extrait

 

Introduction

Si vous êtes a priori un quidam cherchant de visu un livre ad hoc pour pouvoir, ad libitum, faire le distinguo entre un factotum et un professeur honoris causa, nous vous proposons cet in-octavo qui fera de vous le primus inter pares.

 

Certes, la phrase est lourde et peu vraisemblable. Elle est pourtant compréhensible. Alors qu'elle comporte, sur un total de quarante-quatre mots, dix emprunts au latin. Environ 25 %. Le rapport n'est pas toujours aussi important dans la langue courante, mais la présence de mots ou d'expressions venus du latin n'y a rien de négligeable.

 

Changeons de registre pour briller dans la langue de Cicéron, avec certains mots historiques ou prétendus tels (Credo quia absurdum, Qualis artifex pereo !, Veni, vidi, vici), certaines formules fameuses (Errare humanum est, Panem et circenses, Mens sana in corpore sano), certaines devises (Fluctuât nec mergitur, Nosce te ipsem). À petite dose (car le risque est de verser dans le pédantisme), le principe signale une bonne culture générale. Encore faut-il, pour celui qui emploie l'expression, comme pour celui qui l'entend, bien en comprendre le sens, identifier son éventuel auteur, être capable de la situer dans un contexte.

 

Face à ces apparitions, discrètes ou voyantes, du parler de Rome dans le langage quotidien, ceux qui ont "fait moderne" ou "technique" peuvent se sentir démunis. À leur intention, un ingénieux éditeur de dictionnaires avait inventé, au début du siècle dernier, les célèbres "pages roses". Ainsi, le très bienveillant Petit Larousse illustré offrait aux non-latinistes, dans un cahier de couleur rose glissé entre les noms communs et les noms propres, une aide précieuse en répertoriant des expressions consacrées, du style Delenda Carthago ! ou In cauda venenum, Vae victis !, assorties de leur traduction et, selon le cas, d'un rapide commentaire.

 

Apparemment, le Petit Larousse a renoncé au latin, alors que notre parler moderne continue à faire un emploi régulier de vocables ou de tournures venus directement du latin. Dans certains domaines spécialisés, cette pratique est envahissante et explicable : pour l'Église par exemple, avec des expressions comme De profundis, Dies irae, lté missa est, Te deum ; pour le monde juridique aussi, grand utilisateur de formulations antiques (ab intestat, de commodo et incommodo, lato sensu, pro forma), et encore pour le mode médical (effet placebo, facteur Rhésus, utérus, virus...) ou celui de l'édition et de la typographie (deleatur, in-quarto, nevarietur, princeps).

 

Mais à côté de ces emplois techniques ou scientifiques, figurent les expressions et mots latins qui irriguent la langue de tous les jours. L'origine est parfois bien visible (comme dans curriculum vitae, intra muros, modus vivendi ou manu militari) ; elle est d'autres fois, notamment quand il s'agit de termes usuels, plus discrète (audit, consensus, lapsus, Verbatim, vitriol) ou peu identifiable (a fortiori, forum, quota, référendum, veto). L'emploi semble tellement naturel, qu'il n'est pas rare de voir écrit "à priori" avec un accent sur le a, et de ne rien trouver de latin au mot "récépissé", francisé par l'effet de trois accents aigus.

 

Le livre que vous avez entre les mains souhaite prendre la suite, en plus complet et plus actuel, des anciennes "pages roses", offrant ainsi une session de rattrapage à tous ceux qui butent en lisant Astérix. Le latin n'est pas essentiel à la communication, mais sans le latin, la langue nous em... Merci Brassens.

 

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