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Heredia,
la cinquantaine, vit à Santiago du Chili avec son chat Simenon, un chat un peu particulier puisqu’il parle. Détective privé de métier, il va, pour faire plaisir à Griselda avec qui il entretient
une relation particulière, accepter d’enquêter sur l’assassinat par deux hommes de German Reyes
à la sortie de son
travail, une affaire sans piste
ni mobile apparent, vite classé par la police comme le fait de la délinquance ordinaire.
Pour cela, il va activer son réseau personnel, déambuler dans la ville, traîner dans les bars et finir par découvrir que German Reyes était un ancien prisonnier politique qui avait survécu aux horreurs de la dictature militaire, qu’il était lié à des organisations de défense des Droits de l’Homme et faisait des recherches sur d’anciens tortionnaires de la Villa Grimaldi …
Résoudre cette enquête est pour Heredia, et pour l’auteur, un prétexte pour dresser le portrait de la société chilienne, qui demeure marquée par son passé dictatorial et ne partagent pas les pratiques néolibérales et de mondialisation telles qu’elles existent dans les pays occidentaux et dans laquelle se mêlent torturés et tortionnaires. Les premiers combattant pour la justice et voulant que soit connu les coupables, et les autres, agents de renseignement ou officiers aujourd’hui retraités, cherchant à rester dans l’ombre tout en essayant de vivre avec le remords pour certains d’un passé peu glorieux.
La torture comme moyen de contrôle et de domination des opposants, nous est révélée dans ses dimensions ignominieuses, non pas tant dans ce que l'histoire raconte, mais plus dans ce qu’elle sous-entend, dans les pauses ou les silences des personnages, ainsi que dans la teneur de leurs réponses, qui donne l’impression qu’ils se déplacent en permanence en terrain miné.
Cette intrigue qui se déroule sur un fond de toile historique particulièrement douloureux et sensible, n’en est pas moins convaincante et plausible et certains détails de la vie du personnage principal, comme par exemple qu’il entretient des conversations avec son chat Simenon dont le nom est celui d’un auteur de romans policiers, permettent d’ajouter une touche d’humour et de légèreté à ce récit pas franchement comique. Et puis Heredia est un homme sympathique même si au premier abord, il semble un peu farfelu. Il a des valeurs comme l’honneur, il est d’ailleurs incorruptible et possède des qualités telles que le courage et l’observation, ce qui l’aident beaucoup dans sa profession. Son leitmotiv, ici, est de nous mettre en garde contre l’oubli, et plus particulièrement contre les risques de l’oubli. Un message à méditer.
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