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Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 08:56
livre_livres_a_lire_la_derniere_bagnarde.jpgcoeurMai 1888. La Rochelle. Marie Bartête, vingt ans, embarque sur le " Ville de Saint-Nazaire  ", destination la Guyane. En fait, on l’envoie au bagne, mais de cela elle n’en a pas vraiment conscience, bercée par les illusions de Louise, persuadée qu’on les emmène au paradis puisque là-bas, il fait toujours beau, qu’elles pourront se marier et posséderont même un lopin de terre. Un départ pour une nouvelle vie, avec réussite à la clé, donc.
Pourtant après un voyage de six semaines à fond de cale, à subir la promiscuité, le manque d’hygiène, les maladies et les mauvais traitements de toutes sortes et ceci malgré l’attention que leur portent sœur Agnès et le commandant de bord,  l'arrivée à Saint-Laurent-du-Maroni, en terre inhospitalière, ne laisse rien présager de bon. Et les événements qui suivront,  achèveront de la convaincre que c’était bien l’enfer qui les attendait et que rien ni personne ne les en sortira, sauf la mort.
Cette histoire est celle de Marie Bartête qui serait sans doute restée à jamais une inconnue si elle n'avait reçu la visite d'Albert Londres en 1923 qui relata cet entretien dans son livre intitulé Au Bagne. Elle est pourtant la dernière femme morte au bagne de Guyane, dans les années 1930, après y avoir passé un demi-siècle. Née en 1863 dans les Pyrénées Atlantiques, abandonnée par sa mère, orpheline à 9 ans, mariée à 15, veuve à  20, condamnée à plusieurs reprises à quelques mois de prison pour vol, elle est loin d’avoir le profil de ceux que l’on envoyait au bagne et pourtant c’est bien là qu’elle va atterrir accusée de " conduite et moralité détestables " car  tout à son projet de purger la société, l'administration pénitentiaire avait aussi besoin de forces vives pour repeupler les colonies.
On est bien loin ici du paquebot France dont Bernadette Pécassou-Camebrac  nous avait si bien décrit l’atmosphère dans son roman La passagère du France. C’est carrément le jour et la nuit, à la limite du cauchemar tellement, cette histoire, le destin de Marie et des 2000 autres femmes qui connurent le sort de "femmes forçats", est horrible et terrifiante. Pourtant, l’écriture tout à la fois simple, captivante, énergique et sensible de l’auteur fait que, malgré la dureté de l’histoire, à aucun moment on ne se dit que trop c’est trop et que l’idée de fermer le livre avant la fin ne nous vient. Rappelons, que l’histoire des bagnes commença avec la loi du 30 mai 1854 et ne prit fin avec leur fermeture qu’en 1946 …
Par Françoise BACHELET - Publié dans : Romans Français - Communauté : Salon Lecture
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