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Essais/Documents/Actualité

Mercredi 3 avril 2013 3 03 /04 /Avr /2013 11:19

livre_livres_a_lire_la_france_des_integristes.jpgRené Guitton qui  se définit comme  un écrivain engagé dans la lutte contre tous les "ismes" : racisme, obscurantisme, intégrisme, extrémisme, sexisme... et contre les phobies : judéophobie, christianophobie, islamophobie, homophobie et tout rejet de l'Autre, nous démontre à travers son enquête approfondie, troublante et sans parti-pris, fondée sur de nombreux témoignages et confidences, comment les intégristes juifs, chrétiens, ou musulmans  en coupant leurs adeptes de la société, en refusant le vivre-ensemble,  nient les valeurs fondatrices de la République mettant en péril nos modes de vie.  

 

Ici, ils excluent les non-croyants de leur table. Là, ils interdisent aux femmes d’aller cheveux nus et aux hommes de leur adresser la parole. Ailleurs, ils rejettent la démocratie, l’école laïque, l’avortement, l’homosexualité, la liberté de penser… et d’autres pratiques qui font froid dans le dos.Ces interdits que l’on croirait d’un autre âge sont, aujourd’hui en France, une réalité et  font peser sur la tolérance, la liberté d’expression, le multiculturalisme, le respect des différences, et l’égalité de tous devant la loi, de graves menaces.

 

Confidences de l’auteur :

 

Cette enquête minutieuse, toujours prudente, parfois aventureuse, m'a révélé un fort refus de notre République, ou une grande indifférence à son égard, constitutifs de la survie même des fondamentalismes radicaux. Ces communautés juives, catholiques, protestantes ou musulmanes, qui rejettent les valeurs citoyennes, existent bel et bien, on le constatera au fil des pages qui suivent. (…) En vérité, l'intégrisme – les intégrismes – a élu domicile dans toute la France. Le montrer et le dénoncer ressort tout autant du civisme que de la simple observation de la réalité.

 

Le texte qui suit ne constitue pas une étude sur le judaïsme, le catholicisme, le protestantisme ou l'islam dans l'Hexagone. Il s'agit clairement d'une analyse des dérives actuelles que génèrent des groupes minoritaires, se réclamant abusivement d'un littéralisme condamné par les hautes autorités ou les courants ouverts de leur propre religion. De la même manière nous garderons-nous de jugements plus intégristes que ceux des intégristes eux-mêmes. Avant d'entrer dans le vif de l'enquête, il convient donc d'écarter toute suspicion d'amalgame. (…)

 

Marx disait : " La religion est l'opium du peuple." Évoquer l'auteur du Capital, c'est déjà courir le risque d'être qualifié de marxiste par ceux-là mêmes qui sont maîtres en matière de raccourcis et oublient de citer les lignes qui précèdent le célèbre fragment.   Sa forme écourtée mérite d'être complétée car elle comporte une argumentation mesurée : "La détresse religieuse est, pour une part, l'expression de la détresse réelle, et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans âme, comme elle est l'esprit de conditions sociales d'où l'esprit est exclu."

 

Cette citation m'a donné à réfléchir durant mes longs mois d'investigation et d'écriture. Il y a deux catégories d'individus qui comprennent difficilement le fait religieux : ceux dont la foi se limite à l'acceptation aveugle des dogmes – et en dehors de leur dogme point de salut –, et ceux qui voient dans la négation des cultes la condition sine qua non de la liberté. Les uns et les autres s'en tiennent à une vision figée de leurs héritages religieux ou intellectuel respectifs.

 

Ils privilégient la lettre sur l'esprit et veulent ignorer les ajouts successifs apportés aux messages initiaux par les théologiens. De même entendent-ils occulter l'évolution des dogmes au fur et à mesure de leur propagation dans des aires géographiques et culturelles différentes, ou en fonction d'expériences historiques particulières. (…)

 

Les pages qui suivent se refusent à assimiler, dans la même dangerosité, les différents intégrismes religieux. Elles voudraient dénoncer la forme schématique qu'affirment, en ce début du XXIe siècle, certains fondamentalistes des grands courants monothéistes, qui ne peuvent se résoudre à concilier foi et modernité. Il serait donc stupide d'en faire les tenants authentiques d'une orthodoxie dont ils sont moins les défenseurs que les usurpateurs, abusant de notre ignorance ou de notre indifférence en matière spirituelle. Et c'est rendre justice tant au judaïsme qu'au christianisme et qu'à l'islam, composantes indéniables de notre société, que de le dire et de le montrer.

Par Magali FOURNIER - Publié dans : Essais/Documents/Actualité - Communauté : Salon Lecture
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Lundi 18 février 2013 1 18 /02 /Fév /2013 08:17

livre livres a lirepetit manuel du parfait arrivisteNous vivons dans un monde, où prospèrent faussaires en tout genre, sérial-menteurs, professionnels de la contre-vérité et du double langage, leur point commun étant la maîtrise de l’art des bobards, fables, feintes, impostures, inventions et faux-semblants.

En effet, habiller la réalité, servir boniments et professions de foi, se vendre sans arrière-pensées et l'emporter dans le bras de fer qui vous oppose aux autres, est un art qu’il est impératif de maîtriser car être un parfait arriviste ne s'improvise pas.  

 

Comment caresser dans le sens du poil les lieux communs de l’époque, débiter les mots-clés du catéchisme bien-pensant d’usage ? Comment feindre d’être dupe, se soumettre à la réalité pour mieux s’en servir ? Comment se comporter vis-à-vis de ses collègues, de ses supérieurs, de ses contacts, de ses partenaires amoureux, de ses enfants, de sa mère ?   

Cet indispensable manuel du faux-cul, vous révèle tout ce que vos parents ne vous ont pas expliqué, tout ce que votre chef ne vous dira jamais (il a peur que vous preniez sa place), tout ce que les journalistes n’osent pas écrire (ils risquent leur emploi). Vous trouverez ici une description fidèle de toutes les postures et impostures de ces winners si clichés que vous trouvez ridicules, tout en les enviant un peu. 

Il vous faudra apprendre à positiver à tous crins, à cacher en feignant de montrer, à esquiver en donnant l’illusion de l’engagement, à maîtriser les ficelles du « storytelling », à réseauter, et bien sûr à cultiver votre part d’ombre. 

Certes personne ne vous oblige à jouer du pipeau. Mais si vous voulez être membre de plein droit des couches moyennes et supérieures, des hypercadres de la mondialisation, des élites urbaines circulantes et globalisées, vous devrez vous y mettre !  

Alors grâce à ces 40 leçons de savoir-mentir, apprenez à tirer votre épingle du jeu en toutes circonstances, devenez celui qui manipule les autres et les événements, devenez un winner réaliste et efficace !

Par Françoise BACHELET - Publié dans : Essais/Documents/Actualité - Communauté : Chronique de nos lectures
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Samedi 12 janvier 2013 6 12 /01 /Jan /2013 07:46
livre_livres_a_lire_gusse.jpgLa guerre 1911-1918 décime un village entre Sologne et Berry. Des jeunes gens meurent en pleine force de l'âge, des amis, des copains ne sont plus que des croix alignées au cimetière ou sur la stèle du monument aux Morts. Pourquoi Gusse s'est-il confié au Glaude lors de sa dernière permission ? Comment est-il mort ? A quelle date ? Quelles sont les vraies raisons ?...
 
François Barberousse nous entraîne dans un village solognot comme beaucoup de villages avec ses gens de la terre qui vivent au rythme des saisons, qui travaillent dur, et habitent la nature qui les entoure, le tout avec une écriture simple et précise, qui dit les choses crument quand il le faut, mais qui sait tout autant décrire avec justesse le parfum d'une terre ou la drôlerie d'une situation.
Gusse, le héros du roman, est soldat pendant la Grande Guerre. Pour autant, le roman ne peint en rien la guerre elle-même. Il décrit le désespoir d'un jeune homme qui constate que la communauté paysanne qu'il aimait se délite au fil des années de conflit.
Chaque permission est pour lui l'occasion de constater que le monde paysan est profondément blessé dans ses usages, dans ses valeurs. "L'âge d'or" des campagnes françaises (ainsi a-t-on pu nommer la période des années 1880-1900) a bien disparu. Bien qu'éloignée du front, la Sologne et sa ruralité profonde ne sont donc pas à l'abri des changements.
Et tout l'art de ce roman est de savoir les peindre avec force et avec tact. Les villes vivent aussi cela. Mais elles bénéficient d'un dynamisme qui masque les mutations sociales et l'émergence de nouvelles mentalités sous les traits d'une modernité qui peut paraître attrayante. Il n'en va pas de même pour les campagnes qui, dès lors peuvent apparaître comme les grandes perdantes de la guerre.
Ce troisième roman de François Barberousse aurait dû être publié en 1938-39 chez Gallimard mais le triste constat qu’il décrit, porte un désespoir irrecevable à la fin des années trente : Gallimard y voit un ton pacifiste peu en phase avec les évènements qui vont précipiter la France dans la Second Guerre mondiale (il faut préciser que François Barberousse était officier dans l'armée...). Le livre n'est donc pas publié.  
 
Le retour à la lumière des ouvrages de François Barberousse amènera sans doute de jeunes talents à le découvrir et enrichir la fortune critique d'un auteur dont le cercle des lecteurs devrait légitimement dépasser le cercle des amateurs de littérature régionale.
 
François Barberousse, né en 1900 à Brinon-sur-Sauldre, et mort en 1979, fut un des auteurs phares de la fameuse collection NRF de Gallimard de 1935 à 1938. On lui promettait un brillant avenir. Contre toute attente, ce héros de la Résistance décida irrémédiablement de renoncer à l'écriture.
Par Magali FOURNIER - Publié dans : Essais/Documents/Actualité - Communauté : Chronique de nos lectures
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